Banlieues : le potentiel économique que la France ne regarde pas

Condensé de l'intervention d'Aziz SENNI du 15/12/2025

Publié le 15/12/2025 | Par Yves Sassi
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Un discours fondateur
On parle trop souvent des banlieues à travers trois prismes : le social, la sécurité, l’urbanisme.
Presque jamais sous l’angle de leur puissance économique.
C’est précisément ce regard que propose Aziz Senni, entrepreneur et investisseur, loin de toute posture idéologique.

Les quartiers prioritaires de la politique de la ville représentent 1 609 territoires en France et dans les Outre-mer.
Ils regroupent 6 millions d’habitants, avec des fragilités bien réelles : 18 % de chômage, 42 % de taux de pauvreté. Ces chiffres sont connus, souvent répétés.
Mais ce que l’on oublie systématiquement de dire, ce sont les fondamentaux économiques.

Dans ces territoires sont implantées 250 000 TPE-PME, générant 75 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Plus encore, leur potentiel de développement est estimé entre 150 et 250 milliards d’euros à quinze ans, selon les travaux croisés d’Aziz Senni, de l’Institut Montaigne et de France Stratégie. Autrement dit : la banlieue n’est pas un coût, c’est un actif sous-exploité.

À cette réalité économique s’ajoute une force décisive : la démographie.

43 % des habitants ont moins de 30 ans, et 23 % des naissances en France ont lieu dans ces territoires. Dans un pays vieillissant, les banlieues constituent le premier réservoir de jeunesse — donc de compétences futures, d’énergie productive et d’innovation potentielle. On peut y voir un problème ; on peut aussi y voir une opportunité stratégique majeure.
Le principal frein n’est ni le manque de talents ni l’absence d’initiatives, mais le manque d’investissement. Moins de 2 % des investissements privés français se dirigent aujourd’hui vers ces territoires. La mécanique est pourtant simple : sans capital, pas de croissance ; sans croissance, pas d’emploi ; sans emploi, pas de stabilité durable.

C’est pour répondre à ce déséquilibre qu’Aziz Senni a créé Quartiers d’Affaires, avec une approche résolument pragmatique : accompagner les entreprises déjà existantes à changer d’échelle. Centrale d’achat solidaire pour réduire les coûts, accès aux grands donneurs d’ordre, et surtout création du label Made in Banlieue, développé avec l’AFNOR. Un tiers de confiance destiné à rassurer investisseurs et acheteurs, tout en ouvrant de nouveaux marchés aux entreprises locales.

Le paradoxe est frappant : 6 Français sur 10 se disent prêts à acheter des produits ou services Made in Banlieue, tandis que l’image médiatique continue de freiner l’investissement. Pourtant, comme le rappelle Aziz Senni, il ne s’agit pas de charité, mais de lucidité économique :
il y a de l’argent à gagner en banlieue.

La question n’est donc plus idéologique.
Elle est stratégique.
Et elle engage, très concrètement, l’avenir économique du pays.

⭕ Conclusion : Quand l’entreprise fait ce que l’État ne sait plus faire

- Ce que démontre le travail d’Aziz Senni dépasse largement la question des banlieues.
Il illustre, de manière presque clinique, une réalité devenue difficile à contester :
là où l’État peine à agir, ou agit trop tard, trop lourdement, trop abstraitement, l’entreprise avance.

- Non pas par idéologie, mais par efficacité.
- Non pas par compassion, mais par lucidité économique.
- Non pas à coups de dispositifs successifs, mais par des outils concrets, mesurables, évaluables.

Le développement économique des banlieues n’a pas échoué faute de moyens publics.
Il a échoué par empilement administratif, par absence de vision économique et par incapacité à changer de méthode.
À l’inverse, des entrepreneurs comme Aziz Senni font ce que l’entreprise sait faire de mieux : 
- identifier un potentiel, structurer une offre, créer de la confiance, produire de la valeur et de l’emploi.

C’est précisément cette approche que défend le Cercle ⭕ : une entreprise 
- qui ne se contente pas de commenter les déséquilibres, mais qui agit,
- qui ne promet pas de réparer le monde, mais qui transforme le réel,
- qui ne dépend pas d’une administration étouffante, mais de la responsabilité de ceux qui décident.

La banlieue n’est pas un angle mort.
C’est un révélateur !
Un révélateur de ce que l’entreprise peut accomplir quand elle assume pleinement son rôle d’acteur économique et social.

⁉️ La vraie question n’est peut-être pas de savoir si l’entreprise devait intervenir, mais ce qu’il serait resté à faire si elle avait choisi de ne pas le faire.



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