L'IA nous rend-t-elle idiot ?

⭕ Ce sont les femmes et les hommes qui portent les projets, pas les systèmes !

Publié le 09/01/2026 | Par Yves Sassi
🎧
Écouter cet article (Audio IA)
 Depuis des mois, nous lisons quantité de tribunes, de posts et d’analyses alarmistes sur l’intelligence artificielle.


L’IA rendrait stupide.
Elle affaiblirait la pensée. Elle appauvrirait l’esprit critique.


À les lire, on finirait presque par croire que la science aurait décidé, pour la première fois de l’Histoire, de tirer l’humanité vers le bas.

C’est oublier un peu vite que chaque progrès technique a suscité les mêmes peurs.

- L’imprimerie devait tuer la mémoire.

- La calculatrice devait anéantir le raisonnement. et rendre les gens incapables de compter... sur leurs doigts ?
- Internet devait mettre fin à la culture aux relations humaines et à la nuance.

Or l’expérience a montré exactement l’inverse
Lorsque l’outil est bien compris, bien utilisé, il élargit le champ de la connaissance, il oblige à formuler de meilleures questions, il pousse à aller plus loin.

Ce ne sont pas les outils qui rendent intelligents ou stupides
Ce sont les femmes et les hommes qui portent les projets, pas les systèmes.

Reconnaissons-le pourtant : l’arrivée de ChatGPT et de ses “petits frères” a été fulgurante.
 En quelques semaines, nous avons appris à le maîtriser, à en faire un collaborateur infatigable, disponible jour et nuit, capable de corriger un document, structurer une note, synthétiser une information que nous mettions autrefois des heures à rechercher, assembler, puis rédiger.
Et comme souvent avec le confort, le risque apparaît :
 celui de la facilité, de la paresse intellectuelle, de la tentation de déléguer non plus l’exécution, mais la réflexion elle-même.

Prenons un instant de recul.

Avant l’IA, comment faisions-nous vraiment ?
Nous procrastinions. 
Beaucoup.
Nous attendions le dernier moment pour rédiger une note, un programme, un prévisionnel.
 Nous passions des heures à écrire des rapports que personne ne lisait vraiment.

Et surtout, nous avions des équipes.
 
Parfois une assistante à qui nous confions ces tâches jugées subalternes, sans toujours mesurer la valeur du travail demandé, ni la patience qu’il exigeait.
Lorsque le travail n’allait pas assez vite, lorsqu’une erreur apparaissait, quelle était alors notre réaction ?

La question mérite d’être posée.

L’intelligence artificielle n’a rien inventé de nouveau sur le fond.

Elle déplace simplement la responsabilité.

Elle nous renvoie à notre propre exigence ou à son absence.

L’IA est un outil.

- Comme la calculette.
- Comme le téléphone.
- Comme la machine-outil autrefois.


Elle ouvre tous les champs du possible.
 Mais elle ne décide de rien.
À ce titre, elle ressemble davantage à l’établi d’un artisan qu’à un cerveau autonome.

L’ébéniste n’est pas devenu artiste parce que ses outils étaient plus sophistiqués, mais parce qu’ils lui ont permis d’exprimer un savoir, une culture, une vision.

Les outils de précision n’ont jamais remplacé la main, ni l’intention. Ils les ont révélées.

ChatGPT ne vous rendra ni plus intelligent, ni plus cultivé.

Il ne remplacera ni le jugement, ni l’expérience, ni le sens critique. 
Il peut en revanche élargir l’horizon, accélérer la recherche, structurer la pensée 
à condition que la pensée existe.

⭕ L’histoire reste toujours la même.

Chaque progrès place l’humanité face à un choix.

Faire le bien. Ou faire le mal.
S’élever. Ou s’abandonner.

Dans l’entreprise comme ailleurs, la question n’est donc pas technologique.

- Elle est humaine.

- Elle est managériale.

- Elle est éthique.

Ce sont les femmes et les hommes qui portent les projets, pas les systèmes.

À eux, à nous, de montrer la direction.


Et, une fois encore, de montrer l’exemple.


← Retour aux analyses