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L’imprévu ne se prévoit pas. Il se prépare.

AGIR EN CITOYEN : se préparer ensemble

Publié le 05/10/2026 | Par Catherine BERTRAND - Présidente SFMC
L’imprévu ne se prévoit pas. Il se prépare.
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Mon ami Xavier Emmanuelli* disait qu’il y a trois périodes dans la vie : celle de l’apprentissage, celle de la rentabilité professionnelle et celle de la transmission.


J’apporterais toutefois une nuance à cette troisième période. Il faut savoir rester humble et mettre l’expérience accumulée au service d’une curiosité constante. Nous devons nous considérer comme des apprenants permanents, développant l’esprit critique aiguisé par les années.

Nous vivons dans un monde qui bouscule nos certitudes. Nous sommes confrontés à des situations imprévues, incertaines, brutales, parfois totalement nouvelles. Les repères, les plans et les réponses qui fonctionnaient hier peuvent se révéler insuffisants ou inadaptés.

On parle aujourd’hui de « permacrise ». Je préfère parler de catastrophes. Lorsque les moyens habituels ne suffisent plus à contenir l’événement et lorsque les contraintes humaines, matérielles et organisationnelles obligent à réfléchir à d’autres stratégies, à un autre rapport au temps.

Une crise demande une dynamique collective


La pandémie de Covid-19 est une illustration majeure. 
La prise en charge médicale basée sur une idée de performance des soins centrée sur la maladie a profondément perturbé l’organisation de nos systèmes de santé et l’accès aux soins pour d’autres patients. Les conséquences sur la santé mentale, la persistance du Covid long montrent à quel point une crise ne relève pas simplement d’un évènement paroxystique.

La canicule de 2026 nous a également surpris par sa durée et son intensité. 
Les professionnels de santé étaient préparés, mais ils ont surtout compris qu’une crise demandait une dynamique collective face à l’imprévisibilité du nombre et de la gravité des coups de chaleur. Cela ne peut pas se faire sans un engagement collectif. La catastrophe apprend à lutter contre les organisations en silo. J’ai compris l’importance d’utiliser l’ensemble des ressources, pour mieux partager des stratégies innovantes, embarquer dans l’incertitude l’ensemble des acteurs avec cohérence.  

Les incendies en Gironde furent une autre expérience de gestion collective d’un évènement critique. 
Sans pouvoir anticiper l’ampleur et la gravité, la préparation, les retours d’expérience ont permis une évacuation de 200 000 sinistrés en quelques heures et ainsi limiter le risque humain de cette catastrophe.
Nous devons tous être responsables, car la solidarité, le civisme, ce qui fait nation, demande cet effort.
Mais désormais face à de tels événements, et malgré toutes nos ressources de secours, de soins et de protection, il est indispensable de faire évoluer notre logiciel. Il est indispensable d’impliquer et de préparer l’ensemble de la société. 

Nous devons tous être responsables. 
Car la solidarité, le civisme, ce qui fait nation, demande cet effort.  

En pratique cela commence par des attentions du quotidien : veiller sur une personne isolée à son domicile, aider à héberger ou à nourrir des personnes évacuées, apporter un soutien aux équipes de secours et aux pompiers, être plus vigilant. Ces comportements deviennent déterminants en particulier lorsque nos organisations se dégradent ou quand nous sommes tous contraints à accepter la complexité des crises.

L’avenir que l’on nous promet n’est sans doute pas facile, mais nous avons des ressources insoupçonnées, car la France c’est nous tous. De nombreux pays ont pris conscience et développent cette culture du risque et de l’engagement citoyen.
En France, le SGDSN a initié cette démarche en publiant le fascicule « Tous responsables », destiné à sensibiliser la population.  La SFMC a complété cette approche en élaborant des fiches pratiques pour aider chacun à agir.  
« Sécurité pour tous » agir en citoyen (éditions Sauramps).

Notre objectif est de promouvoir une approche citoyenne plus responsable. 
Nous sommes tous concernés, de la cellule familiale à l’entreprise, de l’établissement de santé à la collectivité territoriale. La SFMC doit aider à promouvoir une culture partagée par tous. 

Agir en citoyen, c’est donc se préparer ensemble. 
Ce n’est ni céder à la peur, ni imaginer le pire à chaque instant. C’est accepter que l’imprévisible fasse désormais partie de notre environnement et comprendre que notre capacité collective à y faire face dépend aussi de la préparation et l’action de chacun.

Se préparer, c’est Analyser les risques, savoir donner l’Alerte ou la recevoir, Anticiper une protection essentielle, Agir et savoir comment Améliorer ses connaissances. Cette règle des 5 A  structure les 70 fiches du guide de la SFMC.
La résilience d’une société se mesure à notre capacité collective à anticiper, puis à accepter, à réagir mais surtout à apprendre des crises traversées.

Docteur Catherine BERTRAND
Présidente SFMC - Société Française de Médecine de Catastrophe

* Xavier Emmanuelli 
Cofondateur de Médecins sans frontières et fondateur du SAMU social de Paris, il est secrétaire d'État chargé de l'Action humanitaire d'urgence de 1995 à 1997 et président du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées de 1997 à 2015.
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