Prochaine rencontre22 octobre La prise de décision - Un enjeu stratégique Se connecter
Adhérer

⭕️ Une génération qui a beaucoup à nous apprendre

Lui permettre de participer à la construction du monde de demain

Publié le 16/10/2026 | Par Yves Sassi
 ⭕️ Une génération qui a beaucoup à nous apprendre
🎧
Écouter un extrait (30 secondes) · écoute complète réservée aux membres

Notre jeunesse grandit dans un monde profondément différent de celui des générations précédentes.

Grâce au numérique, elle accède très tôt à une quantité considérable d'informations sur les sciences, les technologies, les métiers, les cultures et les grandes questions internationales.

Elle découvre aussi les risques qui traversent nos sociétés : guerres, bouleversements climatiques, crises économiques, influence de l'Intelligence artificielle sur l'organisation du travail.

Cette exposition précoce ne garantit pas une plus grande maturité.
Elle comporte également des risques de désinformation, d'anxiété et de manipulation.
Mais elle constitue un potentiel considérable.

Notre jeunesse possède des connaissances, des compétences et une vision du monde dont nos entreprises, nos institutions et notre société pourraient tirer bien davantage parti.
Pourquoi continuer à la considérer principalement comme une génération qu'il faut former pour qu'elle s'adapte à nos organisations ?
Pourquoi ne pas lui donner aussi la possibilité de les faire évoluer ?


Organiser leur coopération autour d'un objectif concret


Notre jeunesse n'est pas seulement l'héritière de nos difficultés. Elle est aussi porteuse de solutions que nous n'avons pas encore imaginées.

Trois acteurs, une responsabilité commune

- L'école transmet les connaissances, développe le raisonnement et accompagne les jeunes dans leur formation.
- L'entreprise apporte l'expérience du terrain, les moyens techniques, les compétences professionnelles et la capacité de transformer une idée en réalisation.
- Les collectivités locales connaissent les besoins de leur territoire et peuvent mobiliser les acteurs capables d'y répondre.

Pourquoi ne pas organiser leur coopération autour d'un objectif concret : associer les jeunes à la conception et à la réalisation de projets utiles à la société ?
Il ne s'agit pas de créer une institution supplémentaire, mais de mieux faire travailler ensemble celles qui existent.

⭕️ Des projets conçus avec les jeunes, pas seulement pour eux
Imaginons une commune qui souhaite améliorer la mobilité, développer une initiative environnementale, faciliter les relations entre générations ou créer un nouveau service de proximité.
Elle pourrait réunir un établissement scolaire, une ou plusieurs entreprises et un groupe de jeunes volontaires.

Un échange de compétences entre générations.


Ensemble, ils identifieraient un besoin, imagineraient des solutions et choisiraient un projet réalisable.
Les entreprises apporteraient leurs compétences et leurs moyens. Les enseignants accompagneraient la réflexion. La collectivité faciliterait l'expérimentation.
Les jeunes participeraient aux choix, aux décisions et à la réalisation.
Ils découvriraient les contraintes économiques, la gestion d'un budget, la coopération et les responsabilités.
Mais ils apporteraient également leur maîtrise des outils numériques, leur créativité, leurs connaissances et leur regard sur les usages de demain.

Ce ne serait plus seulement une transmission des adultes vers les jeunes.
Ce serait un échange de compétences entre générations.
Une méthode simple pour obtenir des résultats
Pour être efficace, cette coopération devrait reposer sur quelques principes concrets :

Identifier avec les jeunes un besoin réel du territoire.
- Définir un projet, un budget, un calendrier et les responsabilités de chacun.
- Expérimenter la solution sur le terrain.
- Mesurer les résultats et partager l'expérience.

Chaque projet devrait produire un résultat identifiable : un service nouveau, une amélioration de l'environnement, une action de solidarité ou une innovation utile.
Il ne s'agit pas nécessairement de mobiliser de nouveaux budgets importants, mais de mieux utiliser les compétences, les équipements et les ressources déjà disponibles.

Et surtout, de donner aux jeunes la possibilité de constater que leurs idées peuvent devenir des réalisations.

L'entreprise doit aussi apprendre de la jeunesse
Pour les entreprises, cette démarche dépasserait largement le mécénat ou la découverte des métiers.
Elle permettrait à leurs collaborateurs de transmettre leur expérience, mais aussi de découvrir de nouvelles approches, de nouveaux usages et parfois de nouvelles solutions.

Nos industries doivent relever des défis considérables

Transition énergétique, intelligence artificielle, évolution des métiers, transformation des modes de production.

Pourquoi se priver du regard de ceux qui vivront ces transformations pendant les prochaines décennies ?
L'entreprise ne doit pas seulement préparer les jeunes à ses métiers. Elle doit aussi les associer à l'invention de ses métiers futurs.

 ⭕️ Et si nous commencions ?

« Sans doute découvririons-nous qu'ils ont autant à nous apporter que nous avons à leur transmettre. »

Lire l'article précédent : "La Jeunesse se révolte"

Yves Sassi


← Retour aux analyses